"Le Blog de Baladine"

QUAND ON A QUE l'AMOUR,..l'AMITIE jalonnent mes chemins...Donnes moi la main viens avec moi à la rencontre de Dame Nature ....De souvenirs en souvenances ...au quotidien entres dans la danse de la Vie de la Baladine ,de sa "Tribu" de ses Amis sur les Mélo

15 avril 2009

OUF...

obhy4tas

Oui ouf....

que c'est bon de pouvoir faire sans essoufflements les gestes simples de la vie quotidienne !

Mon Dieu que j'apprécie.... cette liberté retrouvée même sous oxygène en prise diminuée !

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05 mai 2008

CLOPIN-CLOPAN

Bonjour mes amies , amis

Quelques mots..quelques nouvelles..

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Je suis tombée dans les escaliers vendredi dernier au soir..résultat  : plâtre jambe gauche pour la cheville (maléolle un trait de fracture) bon cela aurait pût être plus grave je suis" Patte blanche" pour 6 semaines et vais Clopin- clopan en chaise roulante ...pas facile surtout pour les toilettes et s de bains parce que notre  vieille maison a plusieurs niveaux..je vous laisse deviner..J'ai l'immense bonheur d'être entourée ,portées par nos enfants et petits enfants formidables.. Elles, ils ,s'organisent à tour de rôle pour ne pas me laisser seule et....  dimanche prochain c'est le baptême de Naël !!!!

On va bien y arriver ce ne sera pas triste.....

Je vais devenir la championne des crénaux en chaises roulantes , des sauts de voltige..je cavalcade surtout dans ma tête , fais des plans pour que "mes escapades roulantes" ne soient pas trop compliquées car

IL NE FAUT PAS METTRE PIED A TERRE!!!

c'est d'un facile j'vous dis pas... au bout des 6 semaines je vais avoir des bras de "musclor"  comme quoi rien n'est acquis... j'apprends des choses!!!!! et me dis que je suis "vernie "auprès de tant de souffrance pour tous ceux et celles qui sont "vraiment handicapés" moi c'est peu de chose!Mille bisous  de

"Patte Blanche" la Baladine*

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26 juin 2007

LE LIVRE de MA MERE

Quelques mots  pour vous remercier de votre présence mes amies..amis  combien amicaux..Merci à vous d'être là...

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                     Ce n'est pas "Le Chateau de ma Mère" comme Pagnol...mais

Je ferme le Livre de ma Mère pour mieux le savourer....ce fut une longue route ...Non je n'ai pas de peine mais  je suis à l'écoute de la Symphonie qui chante en moi !Comme mon père et avant lui Alphonse et Valentine...Philibert et Angèle (ses parents) , comme Jean mon époux  à son tour elle m'ouvre les portes lumineuses encore plus grands  ....

Je l'écrirais sans doute  ce Livre pour nos enfants , petits enfants , arrières petits enfants ,comme je l'ai fait pour "Le Matrimoine"  (ma branche paternelle ... En ce qui concernait maman cette branche familiale que je "sais " si bien j'attendais.....A présent sur mon épaule l'Ange de l'écriture s'installe en gestes doux et précieux pour déployer telles des écharpes de"soie" la vie de celle qui me l'a transmise....

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L'Etincelle de la Vie...                   

                            

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20 juin 2007

HOMMAGE à ma MAMAN

créations perso pour elle

* ** * * * ** * * ** * * * * *

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Le 11 juin 2007 à une heure un quart du matin , ma maman à prit son envol , tout doucement sans faire de bruit , de crainte d'être retenue .....Elle attendait ce moment là depuis 30 ans dés celui de papa en Mars 1977....

nous lui avions fêté se 98 ans le 17 Mai dernier....une longue vie......

Maman

Il restera de toi -
Il restera de toi ce que tu as donné
Au lieu de le garder dans des coffres rouillés.
Il restera de toi, de ton jardin secret,
Une fleur oubliée qui ne s’est pas fanée.
Ce que tu as donné
En d’autres fleurira.
Celui qui perd sa vie
Un jour la retrouvera.

Il restera de toi ce que tu as offert
Entre tes bras ouverts un matin au soleil.
Il restera ce que tu as perdu,
Que tu as attendu plus loin que tes réveils.
Ce que tu as offert
En d’autres revivra.
Celui qui perd sa vie
Un jour la retrouvera.

Il restera de toi une larme tombée,
Un sourire germé sur les yeux de ton cœur.
Il restera de toi ce que tu as semé,
Que tu as partagé aux mendiants du bonheur.
Ce que tu as semé
En d’autres germera.
Celui qui perd sa vie
Un jour la retrouvera.

Au…..Revoir….Maman

(Texte de Simone Veil)

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15 février 2007

ET...POURTANT

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Illustration de Jane Svilka

Ces Fêtes de fin d’Année

Furent si belles..

Pleines de joie , d’entente

De complicité tendre….

La famille réunie

Autour du petit dernier

De la Tribu attendrie

Devant ce Cadeau….

Oui , tout fut parfait !

Il me semblait

Que cette fois ci

Je passerais

Un hiver tranquille

Sans menaces aucune..

Je ne demandais

pas la lune….

Et pourtant….

Insidieuse , mine de rien

Dans les jours

Qui suivirent

S’installait une toux

Agaçante ,

Irritante…

Le souffle de plus

En plus court .

N’en pouvant plus

J’eus recours

À ma « toubib » préférée

Presque une amie

Celle-ci prescrivit le traitement

Adéquat…

Mais voilà

Ce qui était pharyngite

Dégénéra en bronchiolite….

Oh lala quelle galère……

Après plus d’un mois

Aujourd’hui j’en émerge

À petits pas….. avec précaution….

« Prends soin de toi »

Me dit on..

« Prends soin de Moi

Pouce !« murmure mon corps »

J’en ai bien l’intention

Mon Ami !

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22 août 2006

LE TEMPS BONHEUR.....7

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Alors ce qui nous relient si fort ce n’est pas uniquement la filiation de sang ? il y a autre chose qui nous unit , j’en suis ravie !

Les mots chantent en moi ; ils évoquent des «  vaisseaux-lumière » déployant des sortes de voiles arachnéennes sur des rayons chatoyants ; surgissent de nulle part des tournoiements de sphères multicolores certaines s’imbriquent les unes dans les autres .

Des routes descendent du ciel pour rejoindrent celles qui jaillissent de la Terre en de somptueux faisceaux ; c’est cela « Les Epousailles du Ciel et de la Terre » , l’un ne va pas sans l’autre me dit Alphonse .

Je m’assieds par terre , je veux retenir tout ça comme je retiens mes « rêves » au matin ; c’est tangible pour moi comme la brume qui monte du sol après la chaleur du jour , tendant avec précaution la main je touche «  un frémissement » de vie .

Je capte sous mes paupières baissées des paysages de sable mauve ; une planète nacrée comme une perle tourne lentement sur elle-même , des « fleurs vivantes » s’inclinent vers moi , je retiens mon souffle , à peine entrevues les « images » disparaissent comme dans un kaléidoscope géant…Une secousse légère sur mon épaule me fait relever les paupières avec précaution …Buffalo mon Chat /Maître , ronronne à mon oreille je l’entends me dire : « alors c’était beau » son regard est éblouissant , puis il se glisse sur mes genoux s’enroule sur lui-même pour une sieste

.Je reste longtemps le dos appuyé contre la banquette chaude de soleil ; grand-père se penche vers moi , je murmure : « dis grand-père »

-« Chut , laisse venir l’éveil enfant , sois patiente , accueille ce qui donné » puis il va arroser ses Jardins .

Que de chemins de pérégrinations avons-nous parcourus , l’un avec l’autre l’un vers l’autre dans la même danse ?

Il me parle d’atomes , d’éons , de molécules en triant des haricots , en arrosant les Jardins ou en pétrissant le pain et en « mettant au four » pour moi c’est naturel , comme pour lui .

Pourtant ce ne doit pas être habituel de voir un simple boulanger de campagne et une gamine sauvageonne s’entretenir ainsi .

Une autre fois c’est la découverte de «  l’imprégnation » de la transmission génétique ; de nos « Mémoires » non seulement terrestres mais aussi de celles de l’En de ça , de l’Eau . Il n’emploie pas le mot mourir mais celui de « muter » de « traverser » de Faire les Trois Pas d’où vient …Trépasser et bien d’autre encore ….

La Rentrée 1945 arrive à grand pas , je sais qu’il va me falloir quitter mon havre du « Temps Bonheur » pour revenir en ville , je ne m’y résous pas ! L’été est magnifique , je prolonge le plus possible mes vagabondages ,les entretiens studieux avec grand-père , la tendre complicité avec grand’ mère , j’amasse le plus possible de ces richesses.

Je sais bien que je reviendrai souvent mais ce ne sera plus jamais pareil et le déplore malgré les encouragements de mes Grands-parents , ils cachent leur peine du mieux qu’ils le peuvent mais je la devine .

C’est le cœur lourd que je ferme mon sac et rejoins maman à la porte , un dernier regard aux Jardins Magiques à tout ce qui est mon Univers ! Alphonse et Valentine nous accompagnent avec Buffalo sur le chemin ; il s’assied , je m’accroupis prés de lui , le caresse, l’embrasse , il pose sa patte droite au milieu de mon front , frotte sa tête contre ma joue en ronronnant puis plonge son regard dans le mien , en un éclair je comprends qu’il n’est Chat que d’apparence , son regard est remplit d’étoiles…il va « muter » bientôt je le sens !

Grand-père lui dit : « Viens mon compagnon il est nécessaire que ta princesse parte pour mieux grandir , tu le sais bien »

Un« Mroum » velouté lui répond ; de son pas glissant , ondulé il rejoint Alphonse et Valentine , tous les trois rejoignent la maison nichée au creux des Jardins d’Alphonse . Le parfum des roses se mêle à celui des premières vendanges…que je ne ferais pas cette année .

Je me retourne , au bas de la côte grand-père et grand ‘mère me font aurevoir de la main , je devine Buffalo sur l’épaule d’ Alphonse !

Un page se tourne …Rien n’est jamais fini….

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Sa « Mission » terminée Buffalo

Mon  fabuleux compagnon d’enfance

Eteingnit ses yeux d’or

Un soir de l’hiver suivant

A lheure où l'Etoile du Berger monte à l'horizon

mortn036

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13 juillet 2006

LE TEMPS-BONHEUR...6

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"N'OUBLIES PAS TON ETOILE....."

Quelques jours plus tard j’entends grand-père parler de moi avec Valentine et prononcer le mot : empathie ; j’ignore ce terme et en cherche la signification dans le Larousse….pas confortable du tout (ça ne l’est toujours pas) ! J’apprends , j’essaie d’assumer , à ouvrir les portes , à canaliser les flots douloureux et à…Offrir pour transformer en Lumière du mieux que je le peux de tout mon cœur…pour cela je Donne à ma Douce !

Les années passent vite ; un pied dans ce monde , l’autre….Ailleurs j’arrive à m’accorder à ce rythme très particulier avec des hauts et des bas des moments de joie profonde , d’autres où tout est sombre je m’accroche ;par instant je me sens plusieurs à la fois , ne sachant comment l’expliquer je n’en parle pas .

Je me réfugie dans la nature dés qu’il fait à peu prés beau ; l’hiver c’est plus compliqué , Valentine craint que je ne prenne froid….alors le vaste grenier , mon autre refuge m’accueille , j’y grimpe me « pose » tout prés d’une des fenêtre avec mes livres ,tandis que Buffalo mon chat musarde dans ce domaine qu’il connaît bien…. .

Ainsi  je découvre qu’il m’est possible de rester là pendant de longs moments sans bouger , laissant venir vers moi des couleurs , des sons ; des images montent du fond de moi comme des souvenirs mais ça ne « colle » pas avec ma vie d’ici …. Je suis de plus en plus perplexe !

Il m’arrive aussi de voir basculer , se retourner le paysage , l’endroit où je me trouve ; par exemple je marche sur la route et subitement il n’y a plus de sol , si je suis seule j’attends que « l’original » revienne ,( il revient toujours jusqu’à présent) mais si je ne le suis pas c’est une autre histoire… « Avance , qu’est ce que t’as ? » il m’est difficile d’expliquer le pourquoi de mes arrêts subits .

Pour moi c’est comme si le temps , l’espace et moi-même étions « suspendus »…J’évite mes camarades en dehors de l’école ; j’aime être seule avec mes compagnons à « quatre pattes » qui eux ne posent pas de questions embarrassantes .

Je devine Valentine inquiète , Alphonse est égal à lui-même ; parfois je l’entends lui dire « Ne te fais pas de soucis , laisse lui le temps » .

J’ai des sautes d’humeur , je ne comprends pas ce qui se passe , je suis comme un hérisson ; en plus je change à vue d’œil ; je commençais à m’accommoder de mon corps et voila que tout est fichu par terre, je grandis , devient encore plus mince , j’essaie d’apprivoiser ce drôle de compagnon…en lui parlant , je l’encourage mais tout va de travers .

J’entends Valentine et maman chuchoter , je me sens « visée » , ça m’agace , alors je vais courir dans les prés et les bosquets il y en a beaucoup autour de Belfontaine et ne rentre qu’à la nuit , fourbue , Valentine se fait un « sang d’encre » , Alphonse la rassure .

Maman me regarde avec un air bizarre , je n’aime pas ça ; je commence à entendre : « ça ne se fait pas à ton âge » qu’est ce qu’il à voir mon âge (tu parles…) avec le fait que j’adore me baigner en petite tenue dans les grands baquets de bois remplit d’eau mise à chauffer au soleil par Alphonse ? Gare aux foudres de Valentine , ça m’est égal et j’en rajoute un peu…. « Voyons sois plus sage pour lui faire plaisir »me souffle Alphonse sachant fort bien que je n’en ferai qu’à ma tête .

Si seulement quelqu’un m’expliquait ce qui se passe…mais non ils sont tous muets…pas facile d’être prisonnière d’un corps d’adolescente !

Enfin , un après midi , après m’avoir invitée à m’asseoir en face d’elle Valentine avec des mots délicats m’explique les métamorphoses de mon corps ; devenir Femme c’est s’épanouir , à l’aide de dessins fragiles comme elle , ma grand ‘mère de soixante ans peut être plus me révèle ce fabuleux Mystère …

Je suis fascinée et étonnée par son joli coup de crayon ; j’apprends que dans sa jeunesse elle fut « Illustratrice de cartes postales » j’en apprends des choses aujourd’hui !

Paradoxe à partir de ces confidences , elle n’est plus choquée par mes bains d’Eau /Soleil ; elle brosse mes cheveux pour qu’ils brillent , je suis émerveillée par cette tendre complicité qui nous unit encore plus .

Je profite au maximum de tous ces cadeaux ; je vis mieux mon adaptation corporelle et terrestre .

J’ose parler à Alphonse des basculements , des horizons bizarres qui m’inquiètent un peu . Il me rassure… « Ce n’est pas grave mon petit , tu vas t’y habituer , tu sais tout est relatif ; le temps n’existe pas tout au moins comme les gens le comprenne ; tu comprendras bientôt » !

Jour après jour l’air de rien il bavarde avec moi ; je capte les mots vortex , cosmos , cosmos intérieur , macrocosme , microcosme et j’en passe !

Qui est il , d’où vient il ? Comment , pourquoi ?

Lorsque je pose une question , avec un fin sourire , à son tour il me dit « et toi qu’en penses tu ? » Puis patiemment avec des mots qui chantent et m’enchantent il me donne Son explication , à moi de faire mes choix et mes déductions ; puis quelques semaine plus tard d’une façon différente il aborde le sujet qui m’avait fait le questionner…c’est Lui qui Me demande ce que j’en pense ; belle preuve de cœur et d’intelligence . Sans avoir l’air d’y toucher il sait éveiller , réveiller , révéler les réponses activer « mes mémoires » comme il dit et ça me va .

Je mesure combien j’ai de la chance d’avoir un grand-père tel que lui ! Ce Réveil est progressif , cela me parait normal qu’il me parle de cycles , de chaîne A D N avec croquis à l’appui crayonnés sur un morceau de papier d’emballage( le papier est rare) .

Avec lui je vais des Pyramides d’Egypte , aux Bâtisseurs Romans et Gothiques ; ensuite c’est le tour des Fontaines sacrées , des Ronds des Fées en passant par le magnétisme de la Terre , les Continents disparus ou leurs dérives .

Puis c’est le tour du ciel , il me montre la Voie Lactée , le Chemin de Saint Jacques inscrit dans les étoiles , m’explique les « Ancrages »(ça je connais) concordant entre le Ciel et le Terre , les Portes cachées . Allégrement pêle-mêle il me fait rencontrer Galiléé , Denis Papin , Euclide , Mansard , Lenôtre le Maître des Jardins dont il est comme Pierre son père le fervent admirateur .

Il m’arrive le soir très tard de le surprendre assis à la table de la cuisine entrain de crayonner de multiples calculs , des plans si bien structurés qu’ils me font penser à des tableaux .

Les X , les Z et les Y se tiennent en rang serrés ; ou bien se sont de savantes arabesques qui me rappellent que je les ai vu quelque part . Alors j’ose un timide « dis grand-père comment tu sais , où sont tes livres ?»  Il se tourne vers moi pose son crayon hausse les épaules et réponds négligemment « Quels livres , pourquoi faire petite ? Il est en nous ce Gai Savoir tu le sais bien voyons , va dormir il est tard  . Bon sang il faut que j’aille au fournil » !

Il m’embrasse , caresse mes cheveux , je vais dormir , je l’entends ranger papiers ,et crayons et les mystérieux dessins dans le tiroir du buffet , puis le frôlement de ses espadrilles sur le sol…. la porte s’ouvre , se referme doucement suivit quelques minutes plus tard du clic-clac sourd des portes du four ; je perçois par bribes la chanson qu’il fredonne et je m’endors à ce murmure qui me berce .

Au fil des jours, je pense souvent aux mots que grand-père a prononcer… « ce Gay-Savoir est en nous »…en nous , en nous a-t-il dit ? Et aussi cette phrase : « N’oublies pas ton Etoile ».

à suivre

mortn036

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30 juin 2006

LE TEMPS-BONHEUR..5

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AINSI VONT  LES  SAISONS

Le Noël 1942 me réserve bien des surprises . Les élèves et leurs instituteurs sont impérativement « invitez » à un gigantesque goûter offert par l’Occupant .

Vers quinze heures ( heure allemande , l’heure d’été aujourd’hui) nous partons à pieds de Belfontaine pour nous rendre en ville .

Sitôt arrivée , bousculée , étourdit par le bruit , j’ai la sensation étrange de quitter mon corps propulsée comme un bouchon de champagne ; j’assiste de loin à cette fête qui me donne la nausée : il y a tant de tourbillons noirs , gris , d’éclairs rouge zigzaguant dans « l’Invisible » effrayée je m’écroule dans mon corps qui en fait autant sur le sol !

Madame Aimé mon institutrice voit que je vais pas bien , elle écourte le goûter arguant de la distance pour revenir à Belfontaine , privilège qui lui est accordé sans trop de difficulté . Ravis de l’aubaine nous sortons tous à l’air libre ; craignant que je ne puisse faire la route , elle me laisse devant chez mes parents …ils sont couchés ; je frappe à la porte , maman ouvre une des fenêtre :-« Que fais tu là ? rejoins ta maîtresse , tu seras mieux à Belfontaine , fais attention aux patrouilles » elle referme la fenêtre et..... la lumière s’éteint !

Stupéfaite , je reste sur le trottoir les bras ballants , hausse les épaules puis m’achemine à travers les rues où je ne rencontre personne , Madame Aimé est déjà loin avec mes camarades . Je rejoins la route qui va au village .Sans inquiétude je m’engage dans la nuit glacée ; il a un peu neigé , il n’y a âme qui vive , tout est silence .

En pleine campagne alors que j’emprunte le chemin de champs que je connais bien , une douce griserie m’envahit , c’est si beau tout ce givre accroché aux arbres et aux buissons, ; l’herbe gelée crisse sous mes pas , les étoiles scintillent , la lune est haute dans le ciel , c’est une nuit de diamant , subitement je prends conscience que c’est la nuit de Noël , le solstice d’hiver dont me parle Alphonse est là .

Je sens de subtiles présences amicales , invisibles , la nuit murmure ses chuchotements de Fées ; sur un vieil ormeau en son vol silencieux se pose…une chouette blanche , pour la regarder je m’arrête , quelle est belle je suis subjuguée et je repense au GRAND DUC de ma petite enfance !

Il me semble voir glisser dans le ciel et à fleur de terre comme des formes humaines aériennes lumineuses , pensant rêver toute éveillée je frotte mes yeux ,les ferme quand à nouveau j’ose regarder la danse légère continue .

Mon coeur bat la chamade , je crie silencieusement « attendez moi » , je marche doucement comme portée toute en légèreté , moi la maladroite !

Soudain je suis entourée , enveloppée de chants murmurés venant de partout , est ce la brise qui se lève ? non , les chants vont et viennent subtilement plus où moins distincts sur une portée invisible…mais j’ai l’oreille fine , je viens de franchit le voile ténu du «  Pa¨is d’Ailleurs » comme dit si bien ma grand’mère Angèle de Gâtine où tout m’est familier ! Puis les chants , les présences se font plus imperceptibles , l’aube commence à blanchir le ciel ….déjà ! Je reprends mon chemin…et arrive devant notre maison , tout le monde dort ; doucement je frappe aux volets de bois ; j’entends la voix d’Alphonse :

-« Valentine , c’est la petite » , vite la porte ouverte , se referme , le feu flambe haut dans la cheminée…Je n’ai pus me retourner pour Voir la Nuit… et me retrouve assise dans le fauteuil de Valentine , un bol de lait chaud entre les mains , une couverture sur les genoux…soudain le bol bascule , le lait se répand …je m’effondre en larmes , trop c’est trop je pleure mon bonheur entrevu , si vite disparu ; en un retournement du temps , de l’espace toute la détresse du monde s’engouffre en moi , j’entends les cris de ceux que l’on torture , des cris d’enfants , des vagissements de nouveaux nés , je vois des plaies béantes , du sang qui coule …

J’ai mal , j’appelle ma Lumière , puis tout s’efface aussi vite que c’est venu comme si un rideau un instant soulevé se refermait ; étourdie j’entends la voix rassurante de grand-père-« Calme, apaise toi ma toute petite , allez c’est fini , viens dormir , un jour tu comprendras » .

Nichée , bordée bien au chaud tandis que le vent qui s’est levé entre temps souffle avec force je m’endors , je m’envole vers le « Païs d’Ailleurs » d’Ange-Aile (Angèle) mon autre grand’mère alors que de sa voix cristalline grand’mère Valentine chante :

« Le Rêve bleu

C’est l’Ange Merveilleux…

Du beau Pays

Appelé Paradis

Et chaque soir ,

Avant de revenir te voir

Le Rêve bleu

S’envole vers les cieux ! »

à suivre

mortn036

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20 juin 2006

LE TEMPS-BONHEUR 4 "LES JARDINS d'ALPHONSE"

Les Jardins d’Alphonse

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A Belfontaine la Rentrée est différente , c’est une école de campagne où filles et garçons étudient ensemble , c’est nouveau pour moi , mais après quelques tâtonnements , d’approches timides autant des uns et des autres , je commence à m’y sentir à l’aise et peu à peu déploie mes ailes . Enfin je suis acceptée , aimée malgré mes « bizarreries » , pour Madame Aimé l’institutrice de cette école «  unique » je suis sa « sauvageonne » , elle m’aide et je l’aime beaucoup ; avec elle je parle , décris ce que je ressens comme je le fais avec Valentine et Alphonse , elle me demande de l’écrire , comme je suis contente !

C’est surtout dans les Jardins d’ Alphonse que je prends mon « envol » ! Pendant ces temps d’occupation avoir un jardin est une bénédiction , alors quand il y en a plusieurs c’est formidable .

Grand- père est le Seigneur de ses Jardins de fleurs , du Potager et du Verger , ils n’ont aucun secret pour lui . Dés que je le peux je le suis comme son ombre , son savoir faire m’éblouie . Il a hérité ces dons extraordinaires de son père Pierre Perrotin , mon arrière grand-père Jardinier à Champrose en Charente !

Dans ses Jardins Alphonse cultive non seulement des fleurs de toutes sortes , des légumes mais aussi du sorgho , il en recueille les graines pour les poules et les tiges servent pour faire des balais ; des betteraves à sucre qu’il presse après tout un cérémonial pour récolter une espèce de mélasse sucré que j’étale sur les larges tartines de pain qu’il boulange dans son fournil autre lieu magique .

Ce matin là pieds nus comme lui dans la terre fraîchement râtelée il me fait « humer » celle-ci aux creux de ses mains afin de reconnaître ses composants….je me trompe peu , il sourit et me dit : « vois tu petite mon père savait la terre encore mieux que moi ; on venait de loin le consulter en lui apportant des sachets de toile remplit de terre pour savoir les plantes que l’on pouvait y cultiver ; à l’odorat et au toucher il le savait «  j’en reste « baba » , d’où venait il cet aïeul peu ordinaire ?

Alphonse dit souvent : « Nous sommes des « Oeuvriers » de l’Univers , nous apprivoisons le Terre , Nous sommes Tous en Tout…Nous sommes UN en Une Multitude » …. Il faut voir la tête de ses interlocuteurs !

Mil neuf cent quarante deux , quarante trois et plus ; souvent des personnes dans la peine viennent le voir parce qu’un des leurs vient d’être arrêté … « M’sieur Perrotin vous pouvez pas faire quelque chose ? » Alors le matin suivant dés l’aube levée , il s’habille , laisse les sabots de bois pour des chaussures , prend sa canne , nous embrasse grand’mère et moi et après un « à ce soir » il va à Rochefort , parcourant les dix kilomètres à pieds ; sans fanfaronnade , il va présenter sa requête de libération pour untel ou untel . Il rentre le soir à la nuit tombée à travers champs car il y a le couvre feu , ou alors le lendemain matin au petit jour ; se change en arrivant , mange un morceau de son pain , bois un bol chicorée puis en sifflotant rejoint son fournil pour faire le pain.

Un ou deux jours après cette équipée  « on »vient le remercier… « Bah ! ne me remerciez pas c’est naturel , puisque je peux le faire ! »

On peut dire que ceux qui mangent le pain qu’il boulange se nourrissent non seulement de son savoir-faire , mais aussi d’amour et de joie , il chante toujours en pétrissant , en mettant au four .

Comme ses Jardins il me cultive , il pétrit avec tendresse la fine Fleur de Vie , le Sel de la Terre , l’Eau vive , il cuit au Soleil de son Amour ma pâte humaine , ravive mon Âme , éveille mon Esprit , tient ma main me rassure , soutient mon envol maladroit , dans cette Aventure de la Vie sur Terre , discrètement accompagné par Valentine , Vestale de la Sensibilité et de la Tendresse !

Je profite pleinement de tout ce qui m’est donné . Souvent je capte les regards pensifs de Valentine et d’Alphonse sur moi ; je sens plein de mystères…Que de questions posées , d’échanges de part et d’autre ; j’engrange sans presque m’en apercevoir tout un trésor de Vie !

Comme j’aimerais prolonger ce « Temps-Bonheur » , l’étirer comme la pâte à pain encore et encore . Je repousse de toutes mes forces l’angoisse effrayante qui me tombe dessus au moment où je m’y attends le moins .

Dés le printemps , la nuit , allongée sur la banquette de pierres ou grimpée dans le vieux tilleul je cherche éperdument ma route des Etoiles ; tout comme en hiver quand le ciel est clair .

Je cherche , j’appelle , me perds dans des envols fantastiques j’en reviens en larmes , épuisée sans un mot , seulement reçue par mes Anges gardiens Alphonse et Valentine d’une caresse sur mes cheveux , je sais qu’ils savent ! je ne pose aucune question , intuitivement j’ai la certitude que c’est à moi de partir à la découverte de «  dé-voiler »…mais je crains cet Inconnu qui m’attend et la nostalgie de mes Mondes de Lumière se fait plus vive .

Les merveilleux Jardins d’Alphonse si beaux soient ils ne sont pas mes Jardins de Soleils et de Turquoises , le sommeil bienfaisant m’enveloppe ! Au matin je « retiens mes rêves » , mes »voyages » comme dit Valentine qui décidemment en sait beaucoup plus qu’elle ne veut le dire…-« Raconte » me dit elle , elle se régale , rosit d’émotion, approuvetermine une phrase que je commence ; elle m’intrigue grand’mère , mais j’ai beau faire du charme , elle ne se départit jamais de son sourire, ne dit rien j’en suis pour mes frais !

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Illstrations de Pierre-Luc "Des Leurs et des Flaques" et Marc Lamers

à suivre....

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LE TEMPS -BONHEUR.3.."BELFONTAINE"

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« Belfontaine »

A la fin de l’année 1938 , mes grands parents Alphonse et Valentine reprennent une Panification à Belfontaine un petit village distant de chez mes parents d’une dizaine de kilomètres ; je suis triste de cet éloignement et en même temps ravie car chez eux il y a des jardins et je sais que j’irais souvent les voir !

Leur maison flanquée du fournil est située au bout d’une « traverse » sur la route blanche bordée d’aubépine. Tout autour une vaste étendue de terrain qui n’a de potager que le nom ; progressivement Alphonse va en faire de fastueux Jardins fleuris… un potager , le Verger est « requinqué » par ses soins .

Il me semble que je vais me plaire à Belfontaine .

Je suis inquiète de l’atmosphère , parfois je sens une menace , une crainte sourde s’installe en moi . Printemps , été 1939 je suis chez Alphonse et Valentine à Belfontaine en cet Automne ,lorsque papa arrive en moto avec un copain ; il me serre très fort dans ses bras , me câline , m’embrasse , me pose sur le sol pour embrasser grand’mère qui l’étreint sans un mot , des larmes roulent sur son visage ; puis c’est au tour de grand-père , je saisis au vol –« va mon fils nous t’attendons » une dernière fois il me prend à son cou et me chante doucement la chanson que je préfère : « La révolte des joujoux » il s’en va après avoir levé sa main pour dire « Adieu , à bientôt , sois sage papillon ! »

C’est la Guerre , je reste un jour de plus à Belfontaine puis maman viens me chercher . L’appartement est triste sans papa instinctivement je me fais plus petite ; je vais à l’école le cœur gros , je m’applique mais malgré ma bonne volonté je ne comprends rien à ce que l’on m’enseigne… Maman travaille ; j’ai la nostalgie d’un Ailleurs .

Le mercredi après la classe je vais chez Alphonse et Valentine jusque au jeudi soir ; même chose du samedi soir au dimanche soir , tout comme au vacances ; ce n’est que du bonheur ! Un jour en arrivant à la maison après l’école….papa est de retour je ne me tiens plus de joie !

Nous sommes en 1941 , je prépare ma première Communion qui à lieu le dix sept Mai ; un mois de Mai magnifique …

Quelques jours après mon père est hospitalise pour une blessure au genoux gauche  pendant plusieurs mois  .

Aux grandes vacances maman m’emmène passer un mois en Gâtine chez ses parents Angèle et Philibert mes grands parents maternel …mes autres Anges Gardiens ; auprés d’eux je vis une extraordinaire rencontre que je raconte dans « Le Moulin de L’Embellie » ! A mon retour je vais habiter à Belfontaine  qui devient mon domaine pendant quatre ans j’en prends possession le cœur battant .

Les arbustes plantés par Alphonse dés leur arrivée ont grandis ; pour accéder aux Jardins il faut gravir trois marches de pierre accolées à une banquette faite de mêmes pierres ; cette banquette devient mon observatoire dés les premières nuits de printemps , jusqu’à la fin de l’automne à moins qu’il ne pleuve . Je m’y étends et m’évade dans le « firmament » ! C’est là que grand-père me guide parmi les étoiles ,me cite leurs noms comme ceux des Constellations ; d’instinct je fais silence pour écouter la nuit et ses mystères pour mieux me fondre dans l’Espace et « naviguer à vue » comme il me l’apprends patiemment !

boslaantje

Illustrtions MARC LAMERS

à suivre

Posté par 0_1_9_3_j à 16:31 - CHEMINS DE MA VIE - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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