08 avril 2007
L'ETRANGER...3

".....les mots en balades..."
« Et s’il était là quand même…. on sait jamais » chuchote Méleine…
-« Qui sait…va donc savoir… y’a tant de chose qu’on ne sait pas et qui existent….ça me surprendrait pas… » répond Silvère !
Méleine sert le café , beurre le pain soigneusement ; Silvère tourne la petite cuillère dans le bol posé devant lui , en boit une gorgée pensif...
Ils se regardent tendrement , assis l’un en face de l’autre , Silvère pose une main sur celles de Méleine , ils ont l’air de deux toutereaux…
-« Je vais allé voir si quelqu’un l’a vu », dit Silvère .
-« Ah ! oui , et que diras tu ? tu te souviens comment il est ? »
-« Pour sûr que je sais comment il est….de taille moyenne , solide , brun aux yeux marron , recuit par le soleil…et son rire ah ! oui »
-« Mais non Silvère…il grand , blond avec des mèches presque blanches par le soleil , les yeux clairs ; tu as raison quand tu dis qu’il est bronzé pour ça , sûr il l’est , il est tanné comme les coureurs de chemins.
Moi c’est son sourire , tu as vu son sourire ? j’en ai jamais vu de pareil »….Eberlués ils prennent conscience qu’ils ne se souviennent pas ne voient pas Toussaint de la même façon… Mais au fait comment est il vraiment ? Qui a tort , qui a raison ? ils n’en savent…Rien !
Ils en sont là lorsque Nadal les rejoint tout excité :
-« Méméleine , Papidou cette nuit j’allais au « p’tit coin » et j’ai vu Toussaint…y partait sans faire de bruit et il était tout brillant de lumière et y’avait pas d’lampe allumée . J’l’ai appelé , il a pas répondu alors j’ai couru derrière lui pour le rattraper , je le touchais presque je l’appelait « Toussaint , Toussaint où tu vas ? reviens….»
Il a disparu j’sais pas où…j’suis allé dans le jardin , j’ai regardé partout même dans la rue…y avait personne…même pas de bruit de pas…mais du côté d’la mer y’avait une grande lumière que la nuit a avalée…comme ça « vlpp ». Alors j’suis allé vous voir , j’vous ai appelé mais qu’est ce que vous dormiez fort…en vous donnant la main !
J’ai retourné dans ma chambre , et …sur mon lit y’avait la Coquille de Toussaint , regardez comme elle belle , pas comme avant regardez , j’suis sûr c’est un cadeau ? C’est lui qui l’a faite comme ça » !
Dans la main de Nadal la Coquille brille comme un cristal translucide comme une opaline !
Dans le pays , ils ont entendu parler de ce Passant pour les uns , ce Pèlerin pour les autres…ce Vagabond pour certains que personne ne décrit de la même façon , il y en a qui ne l’ont pas Vu du tout….
Mais tous ceux qui ne dormait pas cette nuit là , tous sans exception ont Vus la grande lumière avalée par la nuit !« Ce sont des histoires…. Ça s’peut pas…Bah !y’en a qui boivent trop » disent les mêmes quand ils rencontrent les autres qui tiennent les mêmes propos à certains qui n’y comprennent rien….
Méleine Silvère et Nadal leur petit fils savent ce qu’ils savent mais n’en souffle mots à personne et gardent
Le Secret du Passant….Le Pèlerin de Saint-Jacques !
…. De temps en temps la mélopée de Toussaint
Frissonne autour et dans la maison !
… « Souviens toi , la rue était déserte…
Pourtant il était là subitement… »
26 mars 2007
L'ETRANGER..2

Des mots en vrac......
Puis à mi voix Toussaint chante une étrange mélopée soutenue en sourdine par la guitare…Alors toute la douceur du monde vient s’asseoir à la même table qu’eux !
La voix du jeune homme se fait murmure dominée par les notes cristallines de l’instrument pour à nouveau s’élever et s’envoler….
Ainsi ils voyagent sur les arpèges….Nadal s’est endormi , avec des gestes doux…des gestes de père , Toussaint l’emporte dans ses bras pour le coucher .
Dans la chambre visitée par un rayon de lune , il caresse les cheveux couleur de paille de l’enfant , du bout des doigts effleure les tempes fragiles où le sang palpite , l’embrasse légèrement sur le front , remonte les couvertures , s’attarde à le contempler , et sur la pointe des pieds gagne la porte qu’il referme après un dernier regard sur Nadal endormi. Ses yeux brillent de larmes retenues . Rien ne se voit de son émotion quand il rejoint Méleine et Silvère au jardin !
-« J’ai mis des serviettes et des gants dans la salle d’eau » l’informe celle-ci ; ils s’attardent encore un peu dans la nuit tiède , puis se séparent après un /« Bonne nuit dormez bien » -«Vous aussi , merci » ! Méleine et Silvère sont émerveillés par les voyages de leur invité , eux qui ne sont jamais allés si loin…Ils s’endorment en se donnant la main un sourire aux coins des lèvres !
La nuit tisse ses fils de soie , les grillons chantent ,les lucioles et les vers luisant allument leurs lanternes dans les arbres prés des nids , dans les parterres fleuris où les Belles de Nuit ouvrent leurs corolles….
Il fera beau demain…..la maison et ses habitants dorment !
Au chant du coq Silvère et Méleine se lèvent , ils se promettent l’un et l’autre de dorloter Toussaint ce grand gars au regard tendre .
Le parfum du café , celui du pain grillé se répandent dans la maison ouverte sur la glycine ; les raies du soleil dansent sur le carrelage ; ils ne font pas de bruit pour ne pas réveiller Nadal et Toussaint .
Après un long moment , Méleine frappe doucement à la porte de la chambre de celui-ci…une fois…deux fois , puis à la troisième se hasarde à entrer….elle appelle d’une voix chavirée :
-« Silvère viens , viens vite », il se précipite , la rejoint….
La chambre est vide…le lit n’est pas défait mais garde l’empreinte du corps de celui qui s’y est allongé . Le « sac-barda », la guitare ne sont plus là , la fenêtre est ouverte… les rideaux frémissent dans l’air frais du matin .
Dans la salle d’eau les serviettes et les gants attendent toujours d’être utilisés soigneusement posés là où Méleine les a mis la veille !
…Ils ne sont pas surpris , c’est comme s’ils l’avaient su dés l’instant qu’il eu franchi le seuil de la maison ; il est parti de la même façon qu’il est arrivé…sans bruit ! Dans la chambre flotte une odeur de vent et de soleil , un chant ténu , imperceptible leur parvient par bribes …

à suivre....
22 mars 2007
L'ETRANGER..1

"Des mots en vrac en balades.à l'endroit à l'envers... mes histoires en cavalcades ......"
(Susan Mink Collclough)
La Rue est déserte….et pourtant…
Alors qu’ils sortent de chez eux pour faire leur petit tour habituel il est là subitement , ils ne l’ont ni vu ni entendu venir… chaussé de baskets défraîchies un « jean » rapiécé sur les fesses , les manches de sa chemise à carreaux retroussées découvrent ses avant bras musclés. ; il a posé prés de lui son « barda » et sa guitare…
D’où vient il ? quel vent l’a poussé jusqu’ici ? jamais personne ne passe par ce quartier éloigné de tout . Il rit de leur surprise , ses yeux pétillent , il s’approche , se présente en enlevant le chapeau qui le coiffe d’une façon originale :
-« C’est un honneur de vous rencontrer madame , monsieur , je me disais…où sont passés les habitants , tout le monde est parti ?
Permettez que je me présente , on m’appelle Toussaint et je viens de là bas dit il en un geste large ouvrant l’horizon !
-« Entrez donc » dit Méleine en ouvrant la porte tout en grand.
-« Oui , oui entre sans façon , tu prendras bien un verre par » ce chaud temps » continue Silvère Pardoux son homme !
L’une devançant l’autre ils précèdent leur invité imprévu qui les suit sans façon comme ils le lui demandent !
-« Pose ton « barda » mon gars , mets toi à ton aise , fais comme chez toi ; tu viens d’loin sans doute et t’en as plein les pattes » dit Silvère en lui avançant une chaise paillée , tandis que Méleine s’empresse à remplir de cidre doux les verres dépareillés qu’elle vient de sortir du bahut lustré par les ans , par ses soins et ceux de celles d’avant .
Tous les trois sont assis à la table recouverte d’une toile cirée à petits carreaux rouge et blanc , sur laquelle un bouquet de rose trempe ses tiges dans un pot de confiture vidé de son contenu , évidemment ; les volets de bois où un cœur est découpé sont tirés sur la chaleur de l’été qui ronronne au creux des vergers .
On entend dehors une voix enfantine qui chante : « Y a une pie dans l’poirier… » Toussaint à mi voix chante aussi ; venant du jardin le chanteur en herbe fait irruption... « Dis Mamileine tu veux bien me donner une tartine de… » il s’interrompt en voyant le jeune homme , rougit un peu : - « B’jour m’sieur » ,
-« C’est Nadal notre petit fils » disent ensemble Méleine et Silvère .
-« Bonjour Nadal , appelle moi Toussaint , c’est toi qui chantait ?
« -Oui , mais j’ai oublié les paroles
« -Je te les apprendrais » dit ce dernier !
« - Super ! oh oui Toussaint ! »
Le contact s’établit entre Toussaint et l’enfant . Celui-ci sa tartine de confiture dans une main s’envole au dehors en criant :
-« J’suis content qu’t’es là Toussaint à tout à l’heure » , et reprend sa chanson à tue tête: « Y a une pie dans l’poirier
J’entends la pie qui chante
L’ reste j’ai oublié …
Toussaint mon copain
M’ a dit qu’il chante
Et qui m’apprendrait…. »
Les paroles fantaisistes les font sourirent ; Silvère reprend la conversation interrompue par l’arrivée deNadal :-
« Si ça te chante tu peux rester quelques jours avec nous ça te reposera » ,
-« Oui , oui c’est de bon cœur , je vais préparer le lit » conclut elle »!
-« C’est pas de refus merci » ; l’invite chaleureuse le touche profondément ; ce n’est pas souvent qu’il en bénéficie tout au long de son périple .
Silvère continue sur sa lancée :
-« Alors comme ça t’es Pèlerin ? Tu viens de Saint-Jacques ? » demande t’il en désignant la Coquille accrochée au grand chapeau que le jeune homme a posé sur le bahut bien ciré .
-« Oui , j’en viens ; à présent je vais à Assise en faisant un détour par Les Saintes , après je verrais . »
-« Mais Toussaint tu vas rentrer chez toi un jour ? t’en as des kilomètres dans les jambes ! »
-« Pour cela faut il avoir un chez soi pour y revenir. »
-« Ah ! zut excuses moi…t’en as pas ?
-« Non plus maintenant , personne ne m’attend. » sa voix tremble….
Le regard de Méleine s’attarde avec compassion sur leur invité en pensant
-« Pauvre petit qu’est ce qui t’es arrivé… » mais ne pose aucune question ! Elle s’active à faire le repas du soir , alors que Silvère fait faire le tour du propriétaire à Toussaint , passant du jardin au verger où Nadal joue au ballon , le jeune homme se joint à lui et s’ensuit une folle partie dont Silvère est l’arbitre .
Essoufflés , rieurs ils répondent à Méleine qui les appelle pour le dîner .
Le repas se déroule dans une complicité chaleureuse faite de jeux de mots , des histoires retraçant les voyages de Toussaint , ses rencontres , les nuits passées à la belle étoile , dans les monastères ou chez l’habitant comme ce soir ; pour finir le jeune homme prend sa guitare et continue la comptine « Y’a une pie » que le petit reprend avec entrain .

à suivre
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15 décembre 2006
"BALADINE****"NOËL du TEMPS "d'AVENT"

LA BÛCHE DE NOEL
Nous n’irons plus au bois
Les laurier sont coupés
La bûche de Noël aussi
Les hommes d’la maisonnée
Sont partis tôt au matin
Avant le lever du soleil
Car depuis la nuit des temps
Procède t’on ainsi.
Depuis beau temps
ils avaient repéré
Le tronc ou la souche
de l’arbre fruitier
Surtout pas un autre…
Ensemble l’ont rapportée
avec soin sur la charrette
du gars Jan et de Mireille.
Avec mille précautions
La bûche parée de rubans
Est déposée dans l’âtre
de la cheminée.
C’est elle l’invitée de choix
Bien plus que l’on ne le croit..
L’ancien et l’ancienne ensemble allument
Les fagots de brindilles…
Les flammes montent hautes et claires.
Toute la nuit le feu va flamber..
Veillé par l’un d’eux
Le temps de la Messe de Minuit .
Au matin de Noël
Cendres et braises noircies
Sont misent de côté
Dans deux jarres réservées
À cet effet. elles protègent dit on
De l’orage , de la grêle ,
des maladies. « mal-a-dit » ?
Jusqu’à ce que la prochaine
Nuitée de Noël revienne .
NOËL.....NOËL

UNE VEILLEE PEU ORDINAIRE
Chez nous dit Philipa
Pas de sapin pour la Noël
On connaissait pas
Cette tradition nouvelle .
« En not’temps
Pour la « NO » (NOËL)
On s’préparait à l’avance
A la Veillée de la Nuitée !
Pour les réjouissances
La mère sortait de l’armoire
Les nappes tissées à la main
Les « devantoires »
Pour s’y essuyer les mains .
A minuit pendant la Messe
« Pâturaud »le grand valet
Gardien du feu
A l’étable s’en allait
donner aux bêtes
Double ration de fourrage .
Il y allait doucement
Car à ce qu’on dit
En cette nuit là parlent les bêtes
En souvenir du Paradis .
Nous les petiots , très sages
Assis tout prés du feu
On étaient tout étourdis
Dans un total ravissement .
Alors comme ça pendant la Messe
Les boeufs « Vaillant et Lamoureux»
Faisaient la causette
Avec les belles laitières
« Avenante » , « Coquette »
« La douce » et « Flibustière»?
Tandis que les chèvres
« Dansante »« Zézette » et « Mutine »
Tenaient salon avec
La belle jument « Praline »
En croquant des grains de genièvre?
Assis en rond les moutons
Chantaient « j’aime bien mes moutons ».
Et les poules, les coqs , les dindons?
Les lapins ,les canards
Demandait on à Pâturaud
« y dorment d’un oil p' t’ête ben qu’le BonDieu
Pouvait pas faire mieux .
Allez v’nez vous en manger les p’tiots»!
Quelle histoire , on en rêvait
Et bien sûr nous on était
pas là ou toujours en retard!
Suite de LA VEILLEE

LE VISITEUR
Autour de la table toute la parenté
Réunie disait le Bénédicité.
En haut bout de celle-ci
Un couvert plus soigné que les autres
Attendait le Visiteur de la Merci
Chemineau , mendiant ou tout autre.
Alors que chacun s’apprêtait a s’asseoir
On toquait à la lourde porte
« Entrez , la porte est pas barrée »
Disait le père à haute voix .
Celle-ci s’ouvrait sur la visiteur espéré
Avec lui entrait la froidure et le vent !
Le père venu à sa rencontre
L’accueillait par ces paroles
« Tu me fais ben d’l’honneur »
Lui avançait le fauteuil paillé
Pendant que la mère le débarrasse
De ses hardes « mouillées »
De son bâton , de sa besace
« Prends place à not’ table mon gars »
Disait le père ,nous attendions qu’il se soit assis
Pour prendre place à notre tour.
Alors le père taillait la « miche »de pain
En larges tranches , tandis que
la mère apportait la soupière fumante.
« A lui l’honneur ,sers le en premier »
Reprenait le père .
Intimidés ,nous attendions notre tour
Servis en second nous « les petiots »
En l’honneur de l’ENFANT.
Les grands servis tour à tour
Tendaient « l’assiette à calotte »
Où la mère versait les « louchées »
de soupe sur les tranches de pain.
Le pétillement du feu accompagnait
Le tic-tac de l’horloge , les ronflements du vent.
.Nous avions du mal a restés éveillés ,
dans un demi sommeil
Il nous semblait voir le visiteur
Ennuagé de poussières d’étoiles !
Chacun sait que la nuit de Noël
Chaque visiteur est un Ange !
Chez nous on les appelait
Les Mendiants d’Amour !
Jeanne Chanteplume ....dite Baladine
(extrait des "CONTES de l'ECHALIER")















